Ne nous soumets pas à la tentation...
Pour certains, la tentation est un piment indispensable pour rehausser la saveur d'une vie trop fade et insatisfaisante.
Pour moi elle est plutôt une épreuve.
Le corps crie, les sens en éveil, certains hommes qui croisent ma route sont subitement scrutés d'un oeil nouveau.
Ce désir-là est normal, il est même un signe de bonne santé: plongée dans la dépression, je ne suis plus capable de désirer.
Me tiennent donc compagnie l'envie de séduire, l'envie de toucher un corps différent, le désir de nouveauté, de sentir mon coeur palpiter.
Voici venu le temps de ce vertige, de cette soif bien particulière, qu'est la tentation.
J'entends dire que si le désir est là, il faut y céder, de peur de refouler des pulsions qui ont un besoin vital de s'exprimer. Gare à la frustration!
Ce n'est pas au nom de la morale que je refuse d'y consentir. Mais au nom de ma liberté.
Liberté face à cette tentation que je ne choisis pas.
Liberté de mon choix de ce couple, de cet homme-là.
Il y a des moments où je sors de "l'étrange vapeur de la monogamie (...) de cet amour qui anéantit tous les autres hommes" (Foenkinos).
Mais tout cela est passant, impermanent, nul besoin de se prendre le coeur pour si peu.
Juste garder à l'esprit le trésor qui m'a été confié: la confiance de mon époux, celle de mes enfants, et la mienne enfin.
Si fragile certains jours....
Veillez et priez pour ne pas entrer dans la tentation (Mc 14, 38).
Des sites surfent sur cette tentation-là. Elle est très à la mode, s'étale sans tabou sur les murs des stations de métro:
Ce site invite à s'inscire pour provoquer des rencontres extra-conjugales. La fidélité est devenue ringarde. Il est très simple de s'inscrire, en quelques clics, on bascule dans ce grand frisson-là.
Les chrétiens l'appellent le "Tentateur", le "Diviseur". Il est à l'oeuvre ici-même. Nul besoin de diablotins fourchus ou d'apparitions diaboliques.
Il est simplement-là, tapis dans ma fragilité, à l'affût, comme une toute simple possibilité, à portée de clic.



