La maison de Tobie
Hier, je me suis rendue à la maison de Tobie, un lieu fondé en1989 par un bénédictin du prieuré Saint-Benoît à Etiolles, frère Benoît Billot (ci-contre), membre du dialogue inter-monastique, qui a rencontré le zen lors d'un voyage au Japon.
Voici comment il présente ce lieu :
« LaMaison de Tobie est une association rassemblant des hommes et des femmes qui s'avancent - comme Tobie - sur une voie tout en la cherchant sans cesse…
Elle se veut donc avant tout centre de recherche fondé sur l'expérimentation, une expérimentation que chacun est
invité à mener. Nous n'offrons certes que des moyens simples : silence, souffle, postures, gestes, symbolique, études, …, mais enracinés dans les grandes traditions, et mis en œuvre dans un climat d'écoute, de compréhension, de dialogue et d'ouverture, loin de tout sectarisme.
Aider chacun à trouver en soi la force de s'arrêter, pour chercher au centre de l'existence quotidienne le silence intérieur et peut-être l'unité, malgré le bruit, la turbulence, voire l'anxiété.
C'est précisément le sens et l'intérêt de toute vie spirituelle : être un chemin d'unification intérieure, inspiré par l'Unique. »
La maison est chrétienne , mais intègre harmonieusement la richesse de la méditation zen, la prière du cœur des orthodoxes, des gestes de prière, la lecture de maîtres spirituel…
Ceci s’est exprimé de manière particulièrement forte lors de la « messe méditative ».
Assis en zazen, en cercle autour de l’autel -une table basse- nous avons célébré la messe dans une atmosphère fervente et dépouillée. Nulle hostie mais du pain fractionné, du vin dans des rakus.
Tous ensemble nous avons tendus nos mains lors de l’offertoire, pour offrir tout ce que nous sommes, nos difficultés, nos richesses. Nous avons salué nos frères à la japonaise pour leur offrir la paix du Christ. Et la lecture du psaume fut une lecture priée.
Après une première lecture, chacun a laissé germé en lui la phrase qui le touchait particulièrement puis, chacun son tour, l'a énoncée à voix haute, faisant résonner ainsi la parole, nous permettant de l’écouter d’une oreille nouvelle.
Nous étions comme les premiers chrétiens, libérés de tout carcan, centrés sur la Parole et le Pain.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche publiera ta louange. »
(Psaume 51)
La Cène. Peinture de Coburn, XXe s., Australie.




