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Sur le chemin de la simplicité ...
10 novembre 2013

Une sesshin belge: "la bouche du moine est comme un four"

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Salade de betteraves à l'orange: un délice!

 

La semaine dernière, j'ai eu la joie de participer à une sesshin en Belgique. Sans savoir à quoi m'attendre, je me suis proposée pour faire partie de l'équipe de cuisine. Mais la cuisine durant une sesshin de 130 personnes n'est pas une occupation à prendre à la légère!

Voici la définition du samu que j'ai trouvée sur le site du monastère de Kanshoji:

"Activité désintéressée, au service de la sangha, dans les tâches de la vie quotidienne du temple : cuisine, nettoyage, potager, vaisselle, etc. 
Le samu, c’est l‘esprit de zazen dans les activités quotidiennes. Maître Dogen considère que la vie quotidienne est le champ de l’éveil."

Participer à un samu c'est accepter le don total de sa personne pour la sangha. 

 Il y a d'abord eu une résistance en moi, faite d'un mélange de peur d'être épuisée en passant à côté de la sesshin et de déception de ne pas pouvoir profiter de ces "vacances" hors de mon quotidien speed auprès des enfants.

Puis j'ai vu que ce samu, si proche finalement, de l'abnégation que demande mon quotidien, était une leçon sur la manière juste de le vivre.

 

refectoire_1-360x480Frapper le métal pour annoncer le repas

 

 

 

 

 

"Les bouddhas parfaits sont ceux qui vont chercher de l'eau et préparent la gen-maï.
[L'idéal du bodhisattva] est devenu une réalisation extrêmement concrète dans le gyogi, dépouillée de toute cette auréole d'idéal et de perfection.
Comment l'incarner très concrètement, très simplement au quotidien est central dans le zen comme l'indique le fameux "va laver ton bol!" de Maître Joshu"

Roland Yuno Rech  Bodaïshin L'esprit d'éveil page 30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Lâcher prise et acceptation.

Participer à un samu enlève les complications du mental: inutile de me demander comment  je préfère occuper mon temps en dehors de zazen et de mettre en oeuvre des stratégies pour favoriser mes préférences personnelles: au fil des heures et des jours, une fluidité de l'action se met en place, il n'y a plus de temps mort:

Lever/Cuisine/Zazen/
Cuisine/gen-maï*/Zazen/
Cuisine/repas/Zazen/
Cuisine/Zazen/Dodo (ou petite bière au bar: on est quand même en Belgique!)

zen7-01

L'enseignement durant cette sesshin est venu du  Tenzo, un enseignement en action:

Il s'agit pas seulement pour lui d'être un bon cuistot, mais de cuisiner avec l'esprit juste: allégresse, compassion et concentration.

Il s'agit de nourrir la sangha avec des plats sains, simples et bons; tout cela dans la quantité juste ("Pas de restes!" était sa devise)

Il s'agit d'être organisé et concentré sans être tendu. L'atmosphère en cuisine est tranquille, sans crispation. Dès que le coup de feu est passé, le rire peut ainsi fuser librement.

 "La bouche du moine est comme un four", se plaisait à répéter le tenzo. Cette phrase célèbre incite à accepter les plats qui se présentent sans faire de préférence (ce qui pour moi était problématique lorsque ceux-ci n'étaient pas vegan).

Mais plus largement, il s'agit d'accepter ce que la vie présente, sans faire de préférence, sans émettre de jugement, sans refuser ou s'attacher car dans les deux cas, il y a crispation, source de souffrance.

Tout est accueilli avec gratitude. Belle leçon!

*"La GenMaï est une soupe de riz traditionnellement servie dans les Temples zen en petit déjeuner.

Recette de la Gen Maï

1-2011

Temps de trempage : 1heure au moins 

Cuisson du riz : 1 heure 

Cuisson des légumes : 1 heure au moins

- 120g Riz rond complet
- 40g Carottes
- 40g Navets 
- 40g Oignons 
- 40g Céleri en branches 
- 40g Poireaux 
- 4 bons bols d’eau (1 litre)

A préparer la veille.

Laver le riz et le mettre à tremper une heure au moins. Durant ce temps, laver et découper les légumes en petits cubes d’environ 3-4 mm de côté.
Faire bouillir l’eau (avec l’eau de trempage du riz). Mettre le riz dans l’eau quand elle est chaude, et laisser cuire à feu vif jusqu’à ce que les grains soient bien éclatés.
A ce moment, ajouter les légumes, dès que le liquide bout à nouveau baisser le feu et laisser cuire à feu très doux en remuant de temps en temps. Si possible, laisser cuire toute la nuit sur une plaque à diffusion, sinon envelopper la marmite de couvertures pour conserver la chaleur.
Le lendemain matin, réaligner éventuellement avec de l’eau chaude pour obtenir un volume de 4 bols ou un peu plus.

Recette empruntée sur le site du Dojo zen de Nice

 

Commentaires
F
Merci pour ce beau partage<br /> <br /> et même au-delà de nourrir le Sangha, être tenzo c'est nourrir le Dharma !<br /> <br /> merci encore<br /> <br /> chaleureusement<br /> <br /> Frédéric
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En ce moment je lis:

Le Livre de ma vie

par sainte Thérèse d'Avila

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