Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Sur le chemin de la simplicité ...
3 juin 2014

Face à la peur: Trungpa chez les X-Men

Xmen-Xavier-Past-Future

"En tout ce qui touche l'enseignement, il n'y a rien de caché; il est toujours ouvert.
Il est même en réalité tellement ouvert, si simple et si ordinaire que,
quel que soit le caractère personnel d'un individu (qui aspire à l'éveil),
il y est contenu.
Il peut être un ivrogne invétéré ou un homme emporté et violent d'habitude, 
c'est ce caractère qui est sa possibilité, son potentiel vivant." 

Chögyam Trungpa Méditation et action Trungpa p.31

J'ai grand plaisir à aller au cinéma et je raffole des films de super-héros, malgré les critiques que l'on peut adresser à ce genre cinématographique, je ne renie pas mon plaisir. J'ai donc vu le dernier X-Men et là, au milieu d'un film qui est pour moi du pur divertissement, j'ai entendu un dialogue qui a profondément résonné en moi. 

Sans rien dévoiler de l'intrique, voici quelques éléments de contexte:

Le personnage de Charles Xavier est aux prises avec sa souffrance et se sent incapable de faire face à celle des autres. Il a perdu son assurance et la confiance en ses capacités. Il anesthésie sa douleur avec de l'alcool et des médicaments. Si ceux-ci le soulagent, ils lui font perdre ses facultés hors du commun. Il est amer et découragé.

Un dialogue s'instaure avec son alter-ego du futur et ses paroles expriment à peu près ceci:

"Ce n'est pas la souffrance des autres que tu ne peux pas supporter. C'est la tienne. Or cette souffrance est un trésor pour toi, c'est d'elle que tu peux tirer ta force, à condition de cesser de la fuir."

"We need you to hope again"

Il lui demande instamment de retrouver l'espoir. L'espoir que les jeux ne sont jamais faits à l'avance, que les êtres peuvent changer, ne sont pas prisonniers de leur passé. Cet espoir est le levier qui permettra au héros de changer le passé (bon, le futur du passé, ou le passé du futur .. c'est toujours compliqué avec les voyages temporels !).

Ce passage du film semblait m'être adressé personnellement! 

J'ai vu clairement que je ne cesse de fuir ma douleur. J'en ai peur alors je la maîtrise par tous les moyens que je peux trouver.

Mais cette douleur ressurgit sans cesse. Lorsque j'arrive à l'anesthésier, je perds l'occasion quelle est, pour moi, d'évoluer et je fais du sur-place, jusqu'à ce qu'elle se représente pour s'offrir à nouveau à moi comme occasion de grandir, de changer, de révéler ma force.

J'ai compris que cette souffrance qui est en moi, que je reconnais mais que je ne comprends pas, est ma chance, ma possibilité, comme l'exprime Trungpa, et peut être transmutée.

Lorsque j'ai arrêté de fumer, j'ai eu peur, une peur paralysante de souffrir du manque. Mais je n'ai pas souffert finalement.
J'ai ressenti une grande joie, à chaque fois que le manque se faisait sentir, je me réjouissais profondément de cette sensation. Car elle était pour moi le signe de ma libération. La preuve concrète que la nicotine quittait mon corps, que la dépendance agonisait et j'avais plaisir à en observer la manifestation physique.
C'était un encouragement qui se manifestait concrètement plusieurs fois par jour, puis de moins en moins, à mesure que la cigarette quittait mon corps et mon esprit.

Transformer l'angoisse et la peur en joie de la libération, c'est l'expérience extraordinaire permise par un regard positif posé sur la sensation, qui était cataloguée un peu vite comme "désagréable".

Voici le chemin que j'ai décidé de suivre à présent, inspirée en cela par Tsultrim Allione et encouragée par Trungpa.

Il s'agit pour moi à présent, de faire face aux sensations oppressantes, de les observer en détail et de me réjouir de les ressentir en toute sincérité.

Cette angoisse c'est ma chance, c'est mon chemin. C'est très précisément là qu'il me faut creuser.

Il ne s'agit pas simplement d'accueillir une angoisse, de la bercer, de chercher à l'apaiser, mais de transformer mon approche de la sensation, la décortiquer, chercher le plus précisément possible ce qu'elle exprime, ne jamais chercher à l'adoucir, encore moins à la supprimer. Se servir d'elle comme d'un guide, un signal que quelque chose doit changer ou est en train de changer en moi.

Je n'ai plus peur, je suis enthousiaste devant ce nouveau chemin qui s'ouvre sous mes pas, devant ce grand OUI, qui se fait en moi.

En fait, la peur de la souffrance a disparu et fait place à la vie toute nue, à vif.
Une grande joie se lève.
Une avidité de sentir, sans armure, sans défense, sans antalgiques, la vie de plus près.

Commentaires
E
Pour moi aussi, c'est l'essentiel, la voie à suivre... Mais je ne suis pas au même stade que toi dans cette capacité à accueillir le désagréable.<br /> <br /> <br /> <br /> Bon courage et bonne vie à nu!
Répondre
Sur le chemin de la simplicité ...
En ce moment je lis:

Le Livre de ma vie

par sainte Thérèse d'Avila

41xPwDT4qsL

 

 

commentaires

Derniers commentaires