La vieillesse est souffrance...
"Car la vraie mort, c'est refuser d'exister,
la vraie mort, c'est de ne pas se créer,
la vraie mort, c'est de ne pas se faire homme"
Maurice Zundel, Conférence de Nice de février 1968
Avec les enfants, nous avons eu l'occasion de visiter les résidentes d'une maison de retraite voisine à l'occasion de mardi-gras, pour leur apporter des crêpes et leur réchauffer le coeur.
Certaines ne quittent jamais leur chambre et étaient avides de contact, d'autres avaient perdu leurs facultés et vivaient manifestement dans une autre dimension que la nôtre.
Une autre était aphasique mais son regard disait sa joie d'être ainsi visitée gratuitement, juste pour la joie de partager quelques instants.
Je ne connais rien encore de la vieillesse. Je sais que, comme la naissance, la maladie et la mort, elle est souffrance. Cependant, je sais qu'elle peut être une souffrance d'autant plus terrible qu'elle ne signe pas le déclin d'une vie pleinement vécue.
"On n'a pas le temps, la vie passe si vite, on est occupé par les soucis matériels, ou par les divertissements... et finalement la mort arrive et c'est devant la mort que l'on prend conscience que la vie aurait pu être quelque chose d'immense, de prodigieux, de créateur... Mais c'est trop tard... Et la vie ne prend tout son relief que dans l'immense regret d'une chose inaccomplie. Et les survivants sont là, à pleurer ceux qui ne sont plus, qui n'ont rien fait jaillir de leur existence et à la réalisation desquels les vivants ont si peu collaboré. C'est alors que la mort, justement parce que la vie a été inaccomplie, apparaît comme un gouffre." Maurice Zundel dans L'expérience de la mort.
La vieillesse peut certainement être transfigurée et, tout comme le reste de la vie, être belle et pleine de sens.
Mais il faut sans doute toute une vie pour s'y préparer...



